La représentation de Judith en peinture

avril 19, 2012 § Poster un commentaire

Judith est également représentée rousse en peinture. Rappelons tout d’abord qui est ce personnage biblique. Judith est un personnage que l’on voit apparaître dans le livre deutérocanonique de la Bible. L’histoire est très bien racontée sur le site Wikipédia. Elle est donc celle qui vainquit le fameux général Holopherne (Holofernes en anglais).

Suivant l’iconographie, les roux sont perçus comme des personnes sanguinaires. Des individus sans scrupules. La rousseur est un attribut d’une violence souvent exaltée. Représenter des personnages aux cheveux roux est donc un moyen de mettre en lumière cette violence grâce aux cheveux. Ce site internet, d’un créateur inconnu, explique de façon très claire les origines de cette discrimination. Les personnages meurtriers sont donc représentés roux afin que le spectateur puisse saisir l’importance de la violence qui se dégage de la toile, et donc, la puissance sanguinaire du mythe. En effet, bon nombre de personnages se sont ainsi retrouvés roux. On peut parler de Mars, le dieu de la guerre et de l’agriculture. Mais on peut également évoquer les Danaïdes qui tuent leurs époux, et bien évidement Judith qui trancha la tête d’Holopherne.

Cette scène biblique est donc d’une violence extrême. Si l’on regarde attentivement cette oeuvre :

Judith avec la tête d'Holopherne
Titien
1515, huile sur toile, 89 × 73 cm,
Galleria Doria Pamphilj, Rome

On remarque la chevelure rousse flamboyante de la jeune femme. Cette chevelure fait écho au drapé de la même couleur qui est posé de façon nonchalante sur ses épaules. Judith regarde la tête décapitée sur le plateau de façon totalement désintéressée. On pourrait d’abord croire à une oeuvre assez douce, au caractère plutôt calme. Mais il n’en est rien. Tout ce rouge, toute cette rousseur est là pour clamer la violence de la boucherie qui a eu lieu. Ces couleurs chaudes sont peintes et remplacent le sang. En voyant tout ce rouge, on se rend compte de la quantité de sang qu’il y a eu à la suite de la décapitation. Ainsi, on comprend le côté sanguinaire de Judith. Mais surtout, on comprend pourquoi cette personne est représentée rousse en peinture. Sa chevelure rousse permet d’exalter sa barbarie mais surtout de faire le lien avec le sang du massacre.

Quand on regarde la toile de Gentileschi, on ne peut s’empêcher de remarquer tout d’abord l’incroyable drapé rouge. On remarque ensuite les détails minutieux des reflets roux dans la chevelure de Judith. Puis, c’est alors que l’on aperçoit le sang qui gicle de la gorge d’Holopherne. Judith est peinte là comme une personne déterminée, on le comprend à l’expression de son regard. On comprend également l’assurance de son geste et la vivacité avec laquelle elle manie le couteau. On peut voir qu’il y a seulement très peu de sang. Mais justement, comme pour la précédente toile, le rouge des cheveux et du drapé est là pour rappeler l’horreur de cette scène. Cette absence de mare de sang, cette inexistence d’hémoglobine n’est due qu’à une chose et une seule : le désir de rendre la scène supportable pour le spectateur. En effet, si la scène était trop violente, alors personne n’aurait posé le regard sur le travail de l’artiste.

Voila pourquoi, Judith comme bien d’autre est représentée rousse en peinture : afin de ne pas oublier le caractère sanguinaire du personnage, et la violence de son histoire.

La représentation de Marie-Madeleine en peinture

avril 19, 2012 § Poster un commentaire

Marie-Madeleine est un personnage biblique qui fascine depuis bien longtemps. Elle est décrite de façons différentes, mais ce qui revient sans cesse est sa magnifique chevelure rousse.

Pourquoi est-elle rousse ? Pour la simple et bonne raison que la rousseur chez une femme est un symbole de passion, de fougue, d’érotisme. Ce site internet crée par l’Association Gnostique d’Études Anthropologiques, Culturelles et Scientifiques (AGEAC), explique de façon très claire et concise la vie de Marie-Madeleine. Grâce à cela, nous apprenons qu’elle apparait dans la Bible en l’an 25. Or, il n’est nullement dit qu’elle possédait une crinière rousse. Le seul moment où l’on parle de sa chevelure est le suivant :

Jean 11:2 C’était cette Marie qui oignit de parfum le Seigneur et qui lui essuya les pieds avec ses cheveux, et c’était son frère Lazare qui était malade.
Jean 12:3 Marie, ayant pris une livre d’un parfum de nard pur de grand prix, oignit les pieds de Jésus, et elle lui essuya les pieds avec ses cheveux; et la maison fut remplie de l’odeur du parfum.

La rousseur de Marie-Madeleine est donc une iconographie purement volontaire. Rappelons nous de notre article sur la femme rousse, on se souvient que la femme est perçue comme un objet de convoitise. Mais cela depuis toujours. La femme a toujours été perçue comme un être faible, chétif, qui ne doit obéir qu’à l’homme. La couleur rousse fait référence de façon très claire aux pulsions sexuelles, et beaucoup de prostituées sont représentées rousse. Quoi de plus normal alors qu’une Marie-Madeleine rousse ?

En effet, Marie-Madeleine fait depuis longtemps l’objet de plusieurs théories, entre autre : la relation ambiguë qu’elle aurait peut être eue avec Jésus. La rousseur de ses cheveux lui va donc à merveille, car cette couleur reflète parfaitement le côté mystérieux qui plane autour de ce personnage biblique.

Marie-Madeleine dans la Grotte
Jules Lefebvre
1876
Musée de l’Hermitage, Saint-Petersbourg

Lorsque l’on regarde avec attention cette oeuvre, on ne peut que voir la chevelure flamboyante de Marie-Madeleine. Ses cheveux semblent presque couler le long de son corps ainsi que sur la surface du rocher, et cela ne fait que renforcer la sensualité de l’oeuvre. La pose du personnage, pleine de grâce, souligne l’aspect naïf de cette femme, complètement nue, qui semble presque s’offrir à nous. Encore, si l’on regarde la fameuse huile sur toile du Caravage de 1606, Marie-Madeleine en extase, on retrouve également cette chevelure flamboyante, et cette aspect « lascif ».

En conclusion, la rousseur de Marie-Madeleine est un attribut fort de sens, et l’on comprend pourquoi ce personnage biblique ne pouvait pas ne pas être roux.

La représentation de la rousseur de Jésus en peinture

avril 6, 2012 § Poster un commentaire

D’après l’article tiré du site de Xavier Fauche (scénariste de bandes dessinées, producteur,  réalisateur de radio, essayiste, romancier et gérant de société), on apprend que David est une préfiguration du Christ. Comme nous l’avons vu précédemment, David est représenté roux en peinture. Quand on consulte un article écrit par l’Association Parole Certaine, on comprend que Jésus est le « Fils de David ». Cette association d’obédience protestante, propose une certaine lecture du Nouveau Testament afin de comprendre l’origine de cette expression. Il est expliqué, qu’au fil des saintes écritures, Jésus est considéré comme le Fils de David pour plusieurs raisons. Tout d’abord, on sait que le père terrestre de Jésus est Joseph, mais Joseph n’est autre qu’un descendant de la lignée royale du roi David, qui vécut dix siècles avant Jésus. De plus, dans les prophéties de l’Ancien Testament on peut voir écrite cette expression :  »Fils de David ».

Donc, si l’on s’en tient à ces sources, et que l’on se rappelle la représentation de David roux, on ne peut que comprendre pourquoi Jésus est lui aussi représenté roux. On pourrait d’abord trouver cela étrange, car la chevelure rousse n’est autre que le reflet d’un pacte avec le diable qu’aurait fait l’individu roux. Ce fait est clairement expliqué sur ce site. L’article Rousseur et Cécité : La divine embauche, explique très justement l’aspect diabolique qui plane au dessus de la rousseur. Néanmoins, la rousseur de certains  »bons personnages » n’est autre que la discrimination positive dont sait faire preuve Dieu, afin de toujours rendre justice aux hommes. La rousseur de Jésus ne serait donc que positive, et ne ferait que le rapprocher toujours plus des Hommes.

La représentation de Jésus, est depuis longtemps,source de discorde. Quand on prend le cas de Maria Valtorta, on comprend tout de suite pourquoi. En effet, cette femme aurait bénéficié pendant une très longue période, de visions de l’Évangile, qui lui aurait permit de faire des descriptions très précises de Jésus. Elle a donc écrit l’Évangile tel qu’il m’a été révélé, et propose une lecture plutôt personnelle des saintes écritures. Jésus a toujours été décrit de bien des façon, mais le Jésus des catéchèses, est d’un  »châtain étincelant de blond roux ». Cette description est celle d’un Jésus plus  »contemporain », on peut donc mettre cela en lien avec la rousseur d’autres personnages biblique qui ne survient que plus tardivement, comme dans les précédent articles.

Lorsque l’on se penche sur plusieurs œuvres, telles que Le Christ apparaissant au Jardinier à la Madeleine, de Agnolo Bronzino ou encore Le Baiser de Judas, de Cimabue, on voit clairement l’impact qu’à eu cette description en peinture d’un Jésus Roux. Ici, il n’est pas question d’un Jésus roux maléfique, il est toujours représenté de belle apparence, et sa chevelure flamboyante prouve bien  cette  »discrimination positive » dont on parlait plus tôt. On peut maintenant s’attarder sur la fresque La Cène de Léonard de Vinci. Cette fresque se trouve dans le réfectoire de l’église Santa Maria delle Grazie et devait autrefois inspirer les religieux lors de leurs repas. Cette fresque commandée par Ludovico Sforza représente le Christ et ses apôtres. C’est alors que l’on remarque que le Christ lui même et bon nombre de ses apôtres son roux. On peut lire dans l’ouvrage de Dmitrij Sergeevič Merežkovskij : Jésus Inconnu, que Jésus est bien décrit comme un personnage roux. Cet auteur Russe du XXe a écrit de nombreux ouvrages sur Léonard de Vinci et le Christ. Ses ouvrages sont très célèbres et permettent d’avoir une autre lecture quant à la représentation de Jésus sur cette célèbre fresque. En regardant l’œuvre, on voit clairement cette chevelure rousse et légère qui se détache nettement du ciel.

En conclusion, malgré le fait que la rousseur soit généralement un attribut péjoratif pour désigner un être mauvais (cf : article sur Judas), nous avons également vu que la rousseur de certains personnages comme David et Jésus traduisait une force de caractère et une grandeur d’âme.

La représentation de la rousseur de Judas en peinture

mars 30, 2012 § 1 commentaire

À l’image de David, Judas est un personnage qui est depuis bien longtemps représenté roux en peinture. En revanche, cette rousseur n’a pas la même connotation…

Un article écrit par Paull Franklin Baum ( auteur du XXe siècle ) explique clairement les origines de cette couleur capillaire. Cet article a été publié dans la revue The Journal of English and Germanic Philology, ( Numéro 3 de Juillet 1922 ). Cet article tiré de JStore et payant, explique que Judas est représenté avec une longue robe jaune, une barbe et des cheveux roux. Cette iconographie serait née au Moyen-Age selon Michel Pastoureau ( historien médiéviste français ) qui écrit dans son livre : Une histoire symbolique du Moyen-Age occidental, que l’on peut trouver des représentations de la rousseur de Judas dans la ville de Ramersdoff, dans la Cathédrale de Chartres ou encore pour finir dans les Emblemata Biblica. Toutes ces sources iconographiques datent du XIIIe.

De plus, la rousseur étant perçue comme une caractéristique péjorative, Judas ne pouvait être que roux. Un article écrit par Michel Pastoureau explique de façon très détaillée les origines de cette symbolique.  Ceci est malheureux mais bien vrai. C’est au fil des siècles que cette caractéristique s’est développée et qu’elle s’est installée dans l’imaginaire collectif. Le roux est depuis très longtemps, en Occident, la couleur de tous les maux. En effet, elle est le symbole de l’hypocrisie, du mensonge, de la trahison, du démon, du diable ( et du goupil = renard, animal perfide et voleur ). Il est vrai qu’aucun texte biblique ne parle de l’apparence physique de Judas ( en particulier de ses cheveux ), mais au fil du temps, certaines caractéristiques physiques sont restées et font partie maintenant de la représentation conventionnelle du personnage. Dans ce cas précis, Judas est devenu roux. C’est précisément à l’époque de Charles le Chauve que la rousseur de Judas se concrétise ( IXe siècle ) et c’est ce qu’explique clairement Michel Pastoureau dans son ouvrage. Ce sont tout d’abord ses cheveux qui devinrent roux. Puis petit à petit, sa barbe, sans doute dans un soucis de cohérence. Et c’est le seul attribut qui demeure le symbole de Judas. Pourtant, une multitude d’attributs lui son propre tels que : le nez crochu, la peau sombre, sa petite taille etc…

Les artistes ont toujours été libre de choisir les attributs qu’ils représenteraient dans leurs œuvres, cependant la rousseur est une des caractéristiques les plus récurrente. En effet, selon les pays, la rousseur de Judas n’a pas forcément la même signification. Mais cette couleur revient néanmoins tout le temps. De plus, au fil des siècles, la couleur rouge s’étend à plusieurs personnages. On voit alors apparaitre dans les œuvres de nombreux personnages roux, personnages mauvais, évidement comme des vagabonds, des voleurs, des bouchers sanguinaires…

En revanche, on peut également parler de la représentation de Caïn, qui serait une préfiguration de Judas. On voit dans cette œuvre de James Joseph Jacques Tissot, Caïn conduit Abel à la mort, la rousseur du personnage. Là encore, il n’y a pas de preuve écrite de sa rousseur. Or on sait que bon nombre de personnages bibliques sont roux et dans tous les cas, ils sont mauvais. La rousseur de ces personnages a donc une signification négative. Cela prouve bien que la rousseur de Judas est le symbole de sa perfidie. Judas est roux parce qu’il est mauvais. La connotation péjorative de cette couleur de cheveux apparait dès l’antiquité, la rousseur va de paire avec Typhon, un être affreux et répugnant, qui est l’ennemi de toutes les divinités. On remarque que c’est une connotation très forte et la rousseur de Judas prend alors toute sa signification.

La représentation de la rousseur de David en peinture

mars 22, 2012 § 1 commentaire

Comme l’énonce clairement la genèse, David est décrit comme un jeune homme «roux et de belle apparence ». Grâce a cet article de L’homme selon la bible, on sait que la rousseur du célèbre Roi est donc perçue de façon positive… Mais ce qui est assez paradoxale, c’est que la rousseur est en général rattachée au diable. Nous allons donc tenter de comprendre comment est appréhendée la rousseur de David en peinture à travers quelques exemples.

Tout d’abord il est important de s’attarder sur l’écrit consacré à la rousseur du diable. Lorsqu’on lit un bref passage des révélations, on remarque que cette couleur feu s’apparente au mal. L’extrait provient d’une version numérisée de la bible datant de 1668 ( par Isaac Lemaistre de Sacy ) et décrit la rousseur du diable est le suivant : « Il parut un autre signe dans le Ciel, c’était un grand Dragon roux, qui avait sept têtes et dix cornes, et sur ses têtes sept diadèmes ». À la vue de ce passage, on comprend bien que la rousseur est un attribut de ce qui est maléfique, diabolique. Or, ce n’est absolument pas le cas pour plusieurs personnages bibliques, dont David, notre exemple. On se souvient de l’extrait de la genèse qui explique que sa rousseur lui procurait une plaisante apparence. De plus, si l’on étudie l’œuvre du peintre Andrea di Bartolo, intitulée David brandissant la tête de Goliath (tempera sur cuir sur bois), on remarque tout de suite que la chevelure ondoyante de David est rousse. Cette chevelure est exaltée, elle entour délicatement le visage de David de façon très harmonieuse. Ici la rousseur n’est absolument pas peinte dans le but d’enlaidir la figure ni de faire ressortir un quelconque aspect diabolique. On peut également se concentrer sur cette huile sur toile de Le Guerchin : David et la tête de Goliath. Lorsque l’on admire cette œuvre, on remarque que la chevelure rousse et bouclée du personnage procure à son visage une certaine douceur. Pour finir, regardons le David et la tête de Goliath du Caravage. Ici aussi, bien que l’œuvre soit extrêmement sombre, on remarque que la chevelure du personnage est rousse. Se détachant à peine du fond sombre, cette teinte rouge feu vient adoucir la figure grave du personnage.

Dans les trois cas, on remarque que la couleur rousse des cheveux n’est en aucun cas un symbole du mal ou du diable. Cette couleur confère à chaque fois au protagoniste une caractéristique positive. On peut donc conclure sur le fait que David, est un des nombreux personnages biblique dont la rousseur n’est pas vue de façon péjorative.

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Catégorie La représentation des Roux dans la Bible sur Les Roux dans l'Histoire de l'Art.